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Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes

 

 

en syrie des agitateurs extérieur sont à l'oeuvre depuis plusieurs mois pour déstabiliser le pays , comme en côte d'ivoire ou plus récemment encore en libye les médias occidentaux pratiquent une propagande honteuse et criminelle  non seulement pour désinformer, mais surtout pour permettrent et justifier des interventions armées .

La technique est simple , ils nous montrent des soit disant meurtres lors de manifestations volontairement gonflés et orchestrés par des agitateurs "armé", puis font l'apologie d'un gouvernement bis en exil "CNT,CNS" , ils plantent le décor d'une future intervention armée préparant "les masses"pendant plusieurs mois avant que l'invasion armé n'interviennent faisant suite à une résolution de l'onu qui s'appuiera sur les mensonges ou exagérations de ces média , les troupes de l'otan seront présenté comme des libérateurs venant épauler les gentils rebelles qui ne  se priveront pas de massacrer et torturer au passage dans l'indifférence totale quand cette barbarie n'est pas légitimée par ces médias par la conséquence d'années d'oppression sic !!!, ces individus font honte au métier de journaliste , même si depuis longtemps les "journalistes" ne font plus leur travail d'information , nous n'avons pas vu de tel niveau de manipulations et de propagande depuis les heures noire de la dernière guerre mondiale et la propagande nazi ce qui est très inquiétant pour l'avenir de la paix mondiale

Pour illustrer mon propos  je citerais un passage de la lettre ouverte  de Mr  Jean-Claude Antakli, biologiste-écrivain, auteur d’« Itinéraire d’un chrétien d’Orient, Il était une fois… la Syrie ! » troisième édition parue en 2010 chez François De Guibert. DANS LA FOULÉE DU "PRINTEMPS DE TUNIS" (texte complet en fin d'article) InfoSyrie

-  "Les excuses de l’Agence Reuter, dimanche, sur France 2 qui avait illustré un reportage sur les événements de Deraa, d’images d’archives du Liban de 2006 (!), montre assez, sans présumer des intentions, les limites du journalisme.

J’ajouterais à cela mon expérience personnelle d’une manifestation de 50 étudiants à l’Université d’Alep (pour réclamer quelques avantages au Doyen de la Faculté de Médecine), que j’ai retrouvée le lendemain sur les tabloïds de France 24, transformée en « un soulèvement de 500 jeunes à Alep contre le régime répressif de Damas ».

Un témoignage au-dessus de tout soupçon, d’un chirurgien originaire d’Edlèb à 60 km d’Alep, raconte que trois vendredis de suite, des hordes de jeunes venus de Maara, en pleine nuit ou au petit matin, étaient venus dévaster le centre ville, mettant à sac les magasins, les hôpitaux et les cliniques, fracassant tout sur leur passage. Les habitants terrorisés ont fait appel à l’armée, vendredi dernier et l’affrontement s’est soldé par six morts du côté des jeunes et des militaires. Les enquêtes sur les motivations de ces jeunes vont révéler qu’ils ont été pour la plupart soudoyés par des activistes (qui leur offraient entre 500 et 2.500 livres syriennes pour accomplir leur sale besogne) et quand on connaît l’état de précarité d’un bon nombre de réfugiés, cette enquête confirme les intrusions étrangères aux ramifications qui dépassent les frontières de la Syrie. Ce récit me faisait penser aux troubles de nos banlieues qui deviennent incontrôlables, à la différence près qu’en France, les armes ne circulent pas comme ici.

                                                                                                                                                                           

 

 

l'ingérence de la cia et des services secrets israéliens, anglais et français leur principaux alliés dans la région est évidente, il utilisent des djihadistes liés au frères musulmans financés et entraînés de longue date par le MI16 et la cia ,ainsi que les extrémiste du CLUB WESH  présidé par saad hariri pour déstabiliser le pays dans l'espoir d'en prendre le contrôle ,les pertes syrienne ne leur importe peu ,les médias occidentaux et français contrôler en grande partie par des intérêts US ou sionistes font le travail de propagande ,un "bourrage de crane" savamment orchestré ,nous pouvons parler d'un complot international dont au final après les irakiens,les libyens,les syriens nous serons nous aussi les victimes si nous ne savons pas contrer leur propagande guerrière simpliste


SITE DE REINFORMATION SUR LA SYRIE , LES SYRIENS VOUS PARLENT!!!

InfoSyrie


pourquoi la syrie ? : essentiellement pour sa position géostratégique dans la région , israel annexera de fait le golan et la route vers teheran sera ouverte pour l'otan , avec peut être un conflit mondial au bout du chemin, c'est à nous d'arrêter ces assassins sans scrupules, arrêtons de les cautionner manifestons dans les rues en masse pour stopper leurs velléités

  • c'est la russie et la chine qui sont principalement visés dans la prise de contrôle des pays arabes par l'otan et secondairement l'iran et l'inde dans une opération d'envergure pour controler les ressources naturelles du moyen orient et d'afrique  dans le but de controler les matiéres premiéres indispenssables à la chine pour son dévellopement   LIBYE "PETROLE CONTRE INSECURITE MONDIALE"

 

SYRIE : Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»
Manifestations en Syrie: Qui compte les morts?

par Julie Lévesque

Mondialisation.ca, Le 25 novembre 2011. SYRIE : Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre ...

 


sur les médias    Voir le contre-documentaire, en 8 parties, mettant gravement en question la crédibilité du reportage : « Syrie, dans l’enfer de la répression » réalisé par Sofia Amara, diffusé sur Arte le 11 octobre 2011. http://www.silviacattori.net/article2441.html 

 

 


Libye, Syrie, par Thierry Meyssan

 La propagande de guerre est entrée dans une phase nouvelle avec l’action coordonnées de chaînes de télévision satellitaires. CNN, France24, BBC et Al-Jazeera sont devenues des instruments d’intoxication pour diaboliser des gouvernements et justifier des agressions armées. Ces pratiques sont illégales en droit international et l’impunité de leurs auteurs doit cesser

Le traitement actuel de l’information sur la Libye et la Syrie marque un tournant dans l’histoire de la propagande de guerre en ce qu’il utilise des moyens nouveaux qui ont pris l’opinion publique internationale par surprise.

Quatre puissances, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et le Qatar, ont joints leurs moyens techniques pour intoxiquer la « communauté internationale ». Il s’agit principalement des chaînes de télévision CNN (qui bien privée agit en coordination avec l’unité de Guerre psychologique du Pentagone), France24, BBC et Al-Jazeera.

 

Ces médias sont utilisés pour attribuer mensongèrement aux gouvernements libyen et syrien des crimes qu’ils n’ont pas commis, et pour couvrir les crimes commis par les services secrets des puissances précitées et par l’OTAN.

On se souvient du précédent à moindre échelle de 2002. Globovisión avait diffusé en direct des images d’une révolution populaire chassant le président élu Hugo Chávez et des images de militants chavistes tirant sur des manifestants d’opposition et les tuant. Cette mise en scène avait permis de masquer un coup d’État militaire orchestré depuis Washington avec l’aide de Madrid. Cependant, après qu’un authentique soulèvement populaire ait mis fin au putsch et ait rétabli le président élu, des enquêtes journalistiques et judiciaires ont démontré que la révolution filmée par Globovisión n’était qu’un trucage visuel, et que jamais les chavistes n’avaient tiré sur la foule, mais qu’ils avaient au contraire été victimes de snipers armés par la CIA.

Il en est de même aujourd’hui, mais avec un consortium de chaînes satellitaires. Celles-ci diffusent des images d’événements inexistants en Libye et en Syrie. Elles cherchent à faire accroire que la majorité des Libyens et des Syriens veulent renverser leurs institutions politiques et que Mouammar Kadhafi et Bachar el-Assad massacrent leur propre peuple. Sur le fondement de ces intoxications l’OTAN a attaqué la Libye et s’apprête à détruire la Syrie.

Or, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Assemblée générale des Nations Unies a légiféré pour interdire et condamner ce type de pratique.

La Résolution 110, du 3 novembre 1947, relative aux « mesures à prendre contre la propagande en faveur d’une nouvelle guerre et contre ceux qui y incitent », sanctionne « la propagande de nature à provoquer ou à encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ».

La Résolution 381, du 17 novembre 1950, consolide cette condamnation en condamnant la censure des informations contradictoires comme partie intégrante de la propagande contre la paix.

Enfin, la Résolution 819, du 11 décembre 1954, sur « la suppression des obstacles au libre échange des informations et des idées », pose la responsabilité des gouvernements à supprimer les obstacles qui entravent le libre-échange des informations et des idées.

Ce faisant, l’Assemblée générale a élaboré sa propre doctrine en matière de liberté d’expression : elle a condamné les mensonges qui conduisent à la guerre et a érigé la libre-circulation des informations et des idées et le débat critique en armes au service de paix.

Le verbe, et plus encore l’image, peuvent être utilisées pour préparer les pires crimes. En l’occurrence, les intoxications de CNN, France24, BBC et Al-Jazeera constituent des « crimes contre la paix ». Ils doivent être considérés comme plus graves encore que les crimes de guerre et crimes contre l’humanité actuellement commis par l’OTAN en Libye et par les services secrets occidentaux en Syrie en ce qu’ils les précédent et les rendent possibles.

Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre doivent être jugés par la Justice internationale.

Thierry Meyssan


 

La Syrie, terre de culture et d’unité dans le Proche-Orient

Par Jean-Claude Antakli,

Lettre ouverte aux médias, aux politiques, et à tous ceux qui sont attachés à la paix sur la Terre Sainte parJean-Claude Antakli, biologiste-écrivain, auteur d’« Itinéraire d’un chrétien d’Orient, Il était une fois… la Syrie ! » troisième édition parue en 2010 chez François De Guibert.

DANS LA FOULÉE DU « PRINTEMPS DE TUNIS », de la guerre en Libye, de l’invasion du Bahreïn, de la contestation au Yémen et de la déstabilisation globale du Proche et du Moyen- Orient, voilà que depuis deux mois, la Syrie, fidèle défenseur de la cause palestinienne, est elle aussi, en proie à des mouvements de sédition, pour les uns, de révolte pour les autres, de révolution si l’on en croit les médias occidentaux, les chaînes satellitaires qui, pour le moins, n’ont rien fait dans la retenue.

La Syrie, contrairement à l’opinion savamment entretenue, n’est pas un pays isolé dans le monde arabe. Elle fait partie de cette région, elle interagit avec elle, elle subit ses influences, mais selon son président Bachar Al Assad,  »elle n’est pas une copie des autres pays qui l’entourent ».

Ces vingt dernières années, quand les pressions sur la Syrie se sont intensifiées, elle a renforcé son rôle de « pivot » dans cet « axe du mal » défini arbitrairement par le clan Bush. Elle a payé cher, très cher, son indépendance de vues, son soutien à la résistance palestinienne, son opposition à l’invasion de l’Irak, en 2003, son rapprochement avec l’Iran, selon le principe américain :  »Ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous ».
La sédition est arrivée par les frontières, mais n'est pas active à l'intérieur du paysElle a eu son embargo, son boycott, toutes ces humiliations bien connues. Qu’on le veuille ou pas, le peuple syrien est soudé autour de son Président, toutes communautés confondues, musulmanes ou chrétiennes, de par l’instabilité de cette région du monde, instabilité alimentée, entretenue volontairement par les pays occidentaux, au premier rang desquels les Etats-Unis. Qu’on le veuille ou non, les deux tiers de la population syrienne, qui vivent dans les grandes agglomérations de Damas, d’Alep (12 millions d’hab.) se sont solidarisés avec le régime, dans de grandes manifestations qui curieusement n’ont pas fait la « Une » des chaînes satellitaires. La « sédition » comme l’appelle le Président Al Assad a touché les villes frontalières, Deraa (frontière israélienne), Lattaquié (sur la côte méditerranéenne, non loin de la frontière turque), et elle a gagné l’intérieur du pays, notamment Hama où, au début des années 80, les Frères Musulmans avaient tenté de renverser le régime de Hafez Al Assad, soulèvement brutalement réprimé dans le sang, et récemment Telkhallakh, fief bien connu de tous les contrebandiers et mafieux de la région, à la frontière libanaise.

Le peuple syrien veut des réformes, parce que, avec l’ouverture des frontières, l’accès à la technologie, les échanges internationaux… sont nés des besoins. Mais, s’interroge le Président Bachar devant le Parlement à Damas :  »Quels liens entre les réformes demandées (la répression de la corruption, l’augmentation du niveau de vie, la lutte contre la pauvreté, la mise en place d’une solidarité sociale) et le vandalisme, la dévastation des bâtiments publics, le saccage des magasins, et par dessus tout, la violence provocatrice, qui ont entraîné la riposte des forces de sécurité, et aujourd’hui le déploiement militaire autour des villes concernées ? ».

Les chaînes satellitaires dont les correspondants sont interdits en Syrie, diffusent en boucle des images invérifiables, ni en temps ni en lieu, des images volées et violentes, identiques hélas à celles de Tunis ou de Bagdad.

Les excuses de l’Agence Reuter, dimanche, sur France 2 qui avait illustré un reportage sur les événements de Deraa, d’images d’archives du Liban de 2006 (!), montre assez, sans présumer des intentions, les limites du journalisme.

J’ajouterais à cela mon expérience personnelle d’une manifestation de 50 étudiants à l’Université d’Alep (pour réclamer quelques avantages au Doyen de la Faculté de Médecine), que j’ai retrouvée le lendemain sur les tabloïds de France 24, transformée en « un soulèvement de 500 jeunes à Alep contre le régime répressif de Damas ».

Un témoignage au-dessus de tout soupçon, d’un chirurgien originaire d’Edlèb à 60 km d’Alep, raconte que trois vendredis de suite, des hordes de jeunes venus de Maara, en pleine nuit ou au petit matin, étaient venus dévaster le centre ville, mettant à sac les magasins, les hôpitaux et les cliniques, fracassant tout sur leur passage. Les habitants terrorisés ont fait appel à l’armée, vendredi dernier et l’affrontement s’est soldé par six morts du côté des jeunes et des militaires. Les enquêtes sur les motivations de ces jeunes vont révéler qu’ils ont été pour la plupart soudoyés par des activistes (qui leur offraient entre 500 et 2.500 livres syriennes pour accomplir leur sale besogne) et quand on connaît l’état de précarité d’un bon nombre de réfugiés, cette enquête confirme les intrusions étrangères aux ramifications qui dépassent les frontières de la Syrie. Ce récit me faisait penser aux troubles de nos banlieues qui deviennent incontrôlables, à la différence près qu’en France, les armes ne circulent pas comme ici.

En Syrie, la sécurité est un sentiment presque physique, que le premier touriste venu ressent immédiatement. C’est une surprise toujours, pour les Européens, que de pouvoir à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit se promener seul ou en groupe dans un village ou dans une grande ville de 4 à 5 millions d’habitants, sans être le moins du monde importuné. La fermeté du régime, c’est certain, y est pour l’essentiel, mais qui n’a pas éprouvé le plaisir de cette liberté et cette sécurité, là, ne peut comprendre l’attachement des Syriens à la conserver coûte que coûte.

La vraie peur pour eux aujourd’hui réside dans l’inconnue que représente ce mouvement d’insurgés, qui leur rappelle trop les violences et exactions des pays qui les entourent. Aujourd’hui, un million et demi d’habitants d’Edlèb, et notamment les gens âgés, n’osent plus sortir de leur maison.

Son Excellence Eric Chevallier, Ambassadeur de France en Syrie

Son Excellence Eric Chevallier, Ambassadeur de France en Syrie

L’ambassadeur de France à Damas, son Excellence Eric Chevallier, a tancé vivement la rédaction de France 24, dès le début des troubles, les accusant de « raconter n’importe quoi, sur la soi-disant rébellion en Syrie » (Le Nouvel Observateur).

Comme il insistait pour dire ce qu’il vivait et voyait, on l’accusa de pactiser avec le pouvoir :  »C’est une campagne contre moi dégoutante. Je suis le seul étranger a avoir été reçu par l’opposant Riad Séif, dès sa sortie de prison le 15 mai. Pensez-vous, s’il doutait de moi, qu’il aurait accepté ? De tous les ambassadeurs en poste à Damas, je suis le seul à m’être battu avec les autorités syriennes pour qu’ils laissent entrer les journalistes étrangers, en vain. Vous voulez la vérité ? La majorité des Syriens veulent des réformes profondes, pas la révolution. Tous redoutent une guerre civile ». (Le Nouvel Observateur).

Pour ma part, les gens que je côtoie dans mon travail, en Syrie, la plupart francophones, ne comprennent pas l’acharnement des télévisions françaises à reprendre sans nuance, les informations des agences de presse étrangères, qui alimentent les tensions à plaisir.

La vérité est-elle si dérangeante pour le gouvernement français et pour l’Europe inconditionnellement alignés sur les Etats-Unis ? Faut-il diaboliser le Président Bachar, décréter un embargo contre le peuple syrien, assécher ses ressources touristiques en brandissant des interdictions de voyager en Syrie, où aucun étranger n’a été molesté, alors que se rendre au Maroc, durement frappé en avril par un attentat particulièrement meurtrier pour la France, n’a fait l’objet d’aucune mise en garde, bien au contraire. Le nouveau ministre des Affaires Etrangères a-t-il vraiment évalué la gravité de la situation en prenant de telles décisions qui mettent en danger toutes les minorités de cette région, privilégiant son ancien instinct chiraquien, qui n’a jamais fini de régler ses comptes avec l’assassinat de Rafic Hariri où l’ancien président Jacques Chirac avait la certitude que la Syrie y était impliquée. Le cas de DSK, qui avoue redouter les trois pièges que constituent : l’argent, le sexe et la religion, devrait lui servir d’exemple pour ne pas confondre amitié et Raison d’Etat. Ou a-t-on le droit d’imaginer une manoeuvre politique destinée à occulter le bruit des bombes qui ne cessent de pleuvoir sous le ciel de Benghazi, au nom d’une certaine démocratie avec deux poids et deux mesures, selon qu’il s’agit d’un pays riche ou non en énergie !

Enfin, l’annonce par certains médias, d’échanges de tirs extrêmement violents entre les insurgés et l’armée, avant même qu’ils ne se produisent, même si hélas ils étaient prévisibles, a ancré dans une large majorité de la population et du gouvernement, l’idée d’un complot armé dont le but final est d’affaiblir, de diviser et de provoquer le chaos dans cette poudrière qu’est le Proche-Orient.

« Il n’y a pas de théorie du complot, affirme le président Bachar, il y a bel et bien un complot ». Plus grave, pense-t on ici en Syrie, il y a menace sur le communautarisme et le confessionnalisme, savamment préservés et entretenus par un pouvoir issu d’une minorité qui peut se flatter de tenir en équilibre toutes les nombreuses composantes de sa population.

Je lisais aujourd’hui sous la plume de M. Vincent Jauvert que « de Beyrouth à Stockholm, des militants de l’ombre diffusent grâce aux technologies les plus modernes, des images clandestines de la répression qui ensanglante leur pays. Ils affirment qu’en Syrie, on meurt pour You Tube et Al-Jazeera, et que le montage des réseaux clandestins à l’intérieur et à l’extérieur du pays, est comme un remake de Radio Londres ». La Syrie serait-elle envahie, occupée ?

Un autre militant, A. Mo., qui vit à Londres depuis 2005, a organisé l’entrée clandestine de matériels de communication, bien des mois avant que n’ait lieu le soulèvement. Et dès le mois de février, trois semaines avant la révolte, des modems satellites Inmarsat, les plus chers, des smartphones, des ordinateurs, financés par de riches businessmen (et pas par le département d’Etat américain !) sont entrés par des aéroports de province ou par les frontières de la Jordanie, du Liban et de la Turquie.

Une opposition vraiment virtuelle !Et il ajoute, « ce n’était pas compliqué du tout ». Et comme par hasard, c’est de là que sont partis les premiers troubles. Ces cyber activistes sont partout, sur tous les continents, une sorte d’international High-techs, organisés en réseaux, en contact avec les grands médias qui leur donnent des conseils pour mieux promouvoir leur cause : « Filmer des femmes et surtout des enfants ». (Le Nouvel Observateur).

Vous avez dit complot ? Le moment est venu, me semble-t-il, de mettre en scène ce pays, si méconnu en Europe, si peu connu chez nous aussi, bien qu’il ait été de longues années sous protectorat français. Nombreux sont ceux, en effet, qui fondent dans un même creuset, la culture du Maghreb et celle du Proche et Moyen-Orient, ce qui, bien sûr, entretient la confusion.

RAPPEL HISTORIQUE

Les Syriens, comme ils le disent bien volontiers avec humour, sont « assis sur 6.000 ans d’histoire » ce qui à leurs yeux relativise la comparaison avec la culture américaine. A peine trois siècles de conquêtes douteuses. Qu’il y ait « choc de civilisation », c’est certain ! Ce n’est pas pour rien que Volney, dès la fin du XVIIIe siècle, déclarait dans son récit (Voyages en Syrie et en Egypte) : « C’est bien dans ces contrées que sont nées la plupart des opinions qui nous gouvernent, d’où sont sorties ces idées religieuses qui ont influencé si puissamment notre morale publique, nos lois et notre état social ». Il concluait : « Malgré toutes les diversités, tous les hommes sont frères et doivent porter à la perfection, les lois que la nature a posées en eux, pour les guider ».

J’invite notre ministre des Affaires Etrangères avant qu’il ne soit trop tard, à s’inspirer du témoignage de cet éminent historien qui en aucun cas ne peut être soupçonné de connivence avec le régime, car il est décédé au XIXe siècle, en rappelant « que tout homme civilisé devrait avoir deux patries, la sienne et la Syrie ».

Depuis la découverte de l’alphabet, 3.000 ans avant J.-C. à Ugarit sur la côte méditerranéenne syrienne, toute la région du croissant fertile (Syrie, Liban, Palestine, Mésopotamie) était dotée de grands foyers culturels et scientifiques, d’illustre renommée : Antioche, Edesse, Ninive… On parlait le syriaque, l’hébreu, le perse, l’araméen, mais le grec s’est vite imposé comme la langue commune, un peu comme chez nous le latin au Moyen-Age. Dès le début de l’ère chrétienne, les chrétiens reconnus comme cultivés ont servi de traducteurs à la culture hellénique, puis plus tard, après la conquête musulmane (Damas et Jérusalem tombent en 636), à la culture arabe, qu’ils ont considérablement enrichie.

La transmission de ces savoirs et de ces savoir-faire intéresse tous les domaines, la philosophie, la médecine, les mathématiques, l’algèbre, la géométrie, la mécanique… et éblouira non seulement les Arabes, mais les croisés qui découvriront une telle richesse culturelle, que le deuxième Concile de Vienne imposera l’enseignement de la langue arabe dans toutes les universités catholiques de Bologne, de Paris ou d’ailleurs en Europe, prétexte pour eux de puiser aux sources même du savoir. Et souvenez-vous de Bonaparte qui, lors de la campagne d’Egypte en 1798, ira chercher accompagné de 165 jeunes savants issus des grandes écoles des archives scientifiques inestimables pour les ramener en France.

A cet instant de l’Histoire, on constate que chrétiens et musulmans sont disciples d’une même culture, d’une langue commune, d’une référence à un Dieu unique. Et même si les chrétiens ont été les pionniers de multiples renaissances culturelles, faisant d’eux des hommes précieux, recherchés par les grands, pour leur savoir, leur art de vivre, leur raffinement, c’est, il faut le reconnaître, à l’existence de régimes musulmans ouverts au renouveau qu’ils le doivent.

A cet âge d’or va succéder celui de la décadence, avec au XVIe siècle, l’arrivée de l’Empire Ottoman. Cette chape de plomb pèsera sur le Proche-Orient jusqu’à son démantèlement par les accords de Sykes-Picot de 1916, qui définissent les zones d’influence de la France (Syrie, Liban) et de l’Angleterre (Palestine, Jordanie) et la déclaration Balfour qui s’engageait à créer en Palestine, un foyer national juif.

LA SYRIE DE 1920 A LA CRÉATION DE L’ÉTAT D’ISRAËL

colporteuse syrienne dans les annees 1920

Colporteuse syrienne dans les annees 1920

Ce n’est que le début d’un dépeçage de ce croissant fertile, dans le but de créer des entités économiquement viables et politiquement sûres, dont l’apothéose sera la cession à la Turquie, d’une grande partie de l’ancienne province d’Alep, et vingt ans plus tard (1939) le Sandjak d’Alexandrette en échange de la neutralité des Turcs dans la Deuxième Guerre mondiale. En 1946, la France quitte la Syrie qui hérite d’un territoire amputé de moitié (185.000 km2 au lieu de 300.000) quand on compte la Palestine et Antioche, capitale de la chrétienté orientale et centre de gravité de la Syrie. C’est assez dire que la création de l’Etat d’Israël est vécue comme une humiliation de plus par Damas la capitale et Alep, la grande ville du Nord.

LA SYRIE DE L’INDÉPENDANCE A 1970

La Syrie de l’indépendance est un patchwork de communautés et d’ethnies qu’il faut bien faire vivre ensemble, et la démocratie selon notre interprétation, est loin de leurs aspirations. Faible à l’intérieur, le jeune état n’est pas armé pour faire face aux intrigues des grandes puissances. Et la Nakba (la catastrophe), c’est-à-dire la fuite des Palestiniens chassés de leur terre, lors de la création d’Israël, est vécue comme une défaite nationale, et un poids dans l’économie de ce petit pays, indépendant depuis deux ans, qui doit accueillir des dizaines de milliers de réfugiés. Car, et il faut bien le comprendre, de chasse gardée de l’Europe durant des siècles, ces pays du levant vont attiser toutes les convoitises, et en premier celles des USA.

DE 1970 A 2000 : HAFEZ AL ASSAD PÈRE

Hafez al-AssadLe Président Hafez, qui prend le pouvoir après les turbulences politiques, et l’instabilité chronique des années précédentes, est un fin diplomate et un brillant stratège : « En politique étrangère, il n’y a pas d’amour ni de haine éternels, mais seulement des intérêts permanents » dira-t-il. Le nouvel homme fort de la Syrie opte pour la real politique avec deux objectifs très concrets : la restitution des territoires occupés par Israël après la défaite de 1967, avec en premier lieu le Golan bien sûr ; et la reconnaissance des droits des Palestiniens à un Etat souverain. Il a bien compris que le seul intérêt des Américains est économique, c’est le pétrole, et que la création de l’Etat d’Israël, au centre de l’or noir, conduit à en faire le gendarme de la région.

Or toute la stratégie du Président est de construire un front arabe uni autour de l’axe «Le Caire – Ryad – Damas» c’est-à-dire l’Egypte – l’Arabie Saoudite – la Syrie pour faire pression sur Israël et par delà même, sur l’Amérique. La guerre de 1973 lui permet de récupérer une partie du territoire occupé depuis 1967, Quneitra, ce qui calme en interne ses opposants, mais le désengagement de l’Egypte et sa signature d’un traité de paix isolé avec Israël ruine tous les espoirs de la Syrie.

Il crée alors le «Front du Refus» avec le Yémen, la Libye, l’Algérie, la Palestine et l’Irak. L’Arabie Saoudite est trop engagée avec l’Amérique pour y adhérer. La Syrie choisit l’Iran pour donner tout son poids au Front sans pour autant l’associer. A la recherche d’un parrain dans son combat contre Israël, elle se tourne vers l’URSS dans le contexte de la guerre froide. Avec une Europe absente, une administration américaine contre elle, les menaces de Menahem Begin, la guerre du Liban, la guerre Iran/Irak, la Syrie est contrainte de se faire réarmer par Moscou.

Bien lui en a pris, au Liban, la guerre civile qui a éclaté, opposant les réfugiés palestiniens en grand nombre aux chrétiens, tourne au désavantage de ces derniers qui font appel… à la Syrie pour les défendre. L’intervention victorieuse syrienne écrase l’OLP, paralyse la communauté internationale et ouvre un dialogue direct entre la Syrie et Israël au sud Liban.

C’est bien le combat contre Israël qui a motivé l’intervention du président Assad au Liban, car il sait que la défense du territoire syrien passe par celle du territoire libanais, qui devient un atout pour une négociation à terme. Ce rôle d’arbitre et de tampon servira même les intérêts américains et israéliens puisqu’il contiendra la montée en puissance des islamistes révolutionnaires au Liban en usant de son influence auprès de son allié iranien.

L’ordre règne, et selon la formule de H. Al Assad, la Syrie et le Liban forment deux Etats et une nation. Les USA multiplient les signes de bonne volonté et James Baker réhabilite la Syrie sur le plan international. Hafez Al Assad n’a pas changé d’objectif. Il veut une paix juste et globale, fondée sur la résolution 242 du conseil de sécurité de l’ONU, c’est-à-dire la terre contre la paix… et la reconnaissance des droits des Palestiniens, les trouble-fêtes de tous les Etats de la région.

Les Palestiniens sans Etat sont partout depuis 1948. En Jordanie, en Syrie, au Liban, en Irak… et sont une menace pour la stabilité de chaque pays. Or, Israël a occupé le Golan en 67 puis l’a annexé en 81. Le Raïs syrien veut un règlement global de toutes les parties, mais, encore une fois, Israël ne tient pas ses engagements et à la conférence de Madrid, les USA imposent des pourparlers séparés avec chacun des voisins : Arafat conclut un accord, à l’insu de son peuple, accord qu’Israël ne respectera pas, le Roi Hussein signe sa propre paix séparée. Le seul moyen de pression sur la Syrie reste le Liban sud. En 93, sous le sceau du plus grand secret, Itzhak Rabin accepte de se retirer du Golan, si Hafez El Assad entre pleinement en négociation.

Car en fait, l’intérêt du Golan, qui est un territoire emblématique pour les Syriens, a un avantage. Il donne accès à l’eau. Or le Président ne revendique aucune souveraineté sur l’eau, il veut seulement y avoir accès et propose un règlement régional avec la Turquie sur le partage de l’Euphrate. Il faut aussi dire que ce «Plateau du Golan», avec le mont Hermon qui s’élève à 2.800 m, a une position stratégique exceptionnelle, dominant le sud Liban et la Syrie. Pire, Israël a installé une station de pré-alerte de surveillance qui permet de saisir toutes les conversations jusqu’à Damas, dans tout le Liban et même jusqu’en Irak. Et bien sûr, Rabin ne veut pas transiger. Les négociations sont gelées par l’assassinat de Rabin et ni Shimon Peres, ni Netanyahou ne les reprendront. Intransigeant le Président Assad ? Non. Les négociations entre les autres pays Arabes et Israël, à Madrid, qui ont tourné au fiasco, l’incitent à refuser une paix bradée !

L’ESPOIR BRISÉ D’UNE OCCASION SCIENTIFIQUEMENT HISTORIQUE

Une découverte scientifique de la plus haute importance vient d’être révélée par le journal Le Monde, du 9 mai 2000, l’année même où le jeune Président Bachar accède au pouvoir en Syrie, et qui prouve grâce aux examens de l’ADN, effectués par un groupe de chercheurs américains, européens et israéliens, sous l’égide du professeur Harry Ostrer, directeur du programme génétique humain de la faculté de médecine de New York, que les juifs partagent avec les non-juifs du Proche-Orient, notamment les Syriens, les Libanais, les Palestiniens, des marques génétiques communes sur le chromosome Y, en clair les populations de ces quatre pays sont frères par le chromosome Y titre Le Monde. Ainsi la valeur historique de certains passages de l’Ancien Testament est donc confirmée, d’autant que ces recherches ont été effectués sur 1.379 hommes originaires de 29 pays différents, comprenant des juifs et des non-juifs du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et celle subsaharienne, et d’Europe. Cette fabuleuse découverte scientifique confirme avec certitude que les fils d’Abraham, Issac né de Sarah et Ismaël né de Agar, ont donné respectivement les Tribus d’Israël et d’Arabie. Quant à Jacob, il est considéré comme l’Ancêtre des Syriens et des Libanais.

LA SYRIE DE BACHAR AL ASSAD

Le 10 juillet 2000, il est plébiscité par un référendum. Succédant à son père, le jeune Président Bachar El Assad tente une ouverture politique sincère et efficace, vite stoppée, car la Syrie renoue avec ses vieux démons : la direction collégiale devient une source de conflits et malgré sa volonté de libéralisation, il devra revenir comme son père, à l’exercice personnel du pouvoir. La dilution de l’autorité présidentielle se fait sentir à la fois au niveau du parti, du gouvernement, du service de sécurité et même de l’armée. Elle est aussi palpable au niveau de la famille si présente, et du clan. On en revient alors à une plus grande tribalisation du pouvoir.

Qui gouverne la Syrie ? Les services de renseignement, répondent les Syriens, qui dénoncent le règne des Moukhabarat. Il faut dire que les turbulences n’ont pas épargné le jeune Président. Un an après son accession au pouvoir, le 11 septembre 2001 est un séisme aux USA mais aussi au Proche- Orient, séisme qui fait presque passer au second plan les difficultés intérieures. D’autant que W.-W. Bush ne fait pas mystère de sa décision d’aller jusqu’à Bagdad terminer le travail que son père n’a pas osé finir.

Et la Syrie sait qu’avec ou sans l’aval de l’ONU, le prétexte sera bientôt trouvé par l’administration américaine. L’illusion de la démocratie prônée par les USA en Irak risque de déstabiliser la Syrie, avec le réveil des revendications identitaires et minoritaires d’autant plus que le projet du «Grand Moyen- Orient» est en marche. Bachar sera le dirigeant de la région qui aura le plus ouvertement exprimé son opposition à l’intervention militaire américaine en Irak et une campagne est orchestrée contre lui, par les USA — menaces, sanctions, pressions alternent chaque jour — et la Syrie sait qu’elle est la prochaine cible désignée pour la démocratisation forcée planifiée par Washington. La Syrie est toujours sur la liste des Etats soutenant le terrorisme alors que les services secrets syriens aident l’administration américaine dans sa lutte contre Al Qaïda.

Ce malaise va avoir des répercussions sur la gestion du dossier libanais d’autant qu’Israël a mis un terme à son occupation du Sud Liban. En 2005, l’assassinat de R. Hariri, Premier ministre du Liban, sonne le glas de l’occupation syrienne. Le jeune Président a résisté jusqu’au bout mais il se rend aux injonctions pressantes de la communauté internationale et du conseil de sécurité de l’ONU, et se retire du Liban. C’est un cinglant revers pour le régime qui est obligé de resserrer les rangs à l’intérieur, même si en 2006 il semble blanchi de toute implication dans le dossier Hariri. Nous sommes à un tournant de la vie politique en Syrie. Et centré sur son pays, le Président va prendre des initiatives sociales, économiques, d’ouverture au monde — ce qui va consolider sa légitimité — et réactiver la sensibilité panarabe. La libération du Golan redevient la préoccupation première, surtout après l’invasion israélienne au Sud Liban de 2006 qui soude Bachar Al Assad au chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah. Leurs intérêts convergent et surtout ils s’opposent ensemble notamment au projet régional américain. Arafat est mort en 2004 et il n’y a plus de leadership palestinien. La Syrie s’ouvre à la Turquie qui joue les bons offices dans l’ouverture des négociations avec Israël. Elle s’ouvre aussi au monde, à l’Europe, à l’Asie. Acquis au modèle économique libéral, le président Assad veut moderniser son pays et s’y emploie. Mais l’obsession sécuritaire face à Israël, ravivée par l’offensive israélienne contre Gaza de l’hiver 2009 a exacerbé la population et il faudrait un nouveau pacte social entre les multiples communautés qui, de plus, une nouvelle fois, ont dû accueillir 1.500.000 refugiés Irakiens sur leur sol. La société syrienne, son unité, car unité il y a, tient dans son panarabisme le principe fondateur de l’Etat en Syrie. Mais plus de 20 millions de Syriens peuvent-ils s’en contenter ? Car derrière une laïcité affichée, le régime tente d’optimiser les identités. Comment faire vivre ensemble des communautés exacerbées par le fiasco en Irak des USA, qui a conduit aux affrontements confessionnels, Sunnites, Chiites puis Chiites Chrétiens et aux revendications des Kurdes et de toutes les minorités, de l’autre côté de la frontière. Même si la règle n’est pas normalisée, il y a bien une représentation confessionnelle dans le système politique syrien, afin de ne léser aucun groupe, et c’est bien ce qui a permis d’obtenir cette coexistence pacifique interreligieuse que tous les pays voisins lui envient. Mais le conflit irakien, l’intrusion brutale de l’Amérique ignorante des codes subtils des communautés arabes, a provoqué par réaction la réislamisation lente et silencieuse. Entre le pouvoir et les religieux s’est établi un partenariat, unis qu’ils sont, par le refus de légaliser les Frères Musulmans en Syrie. On ne peut nier cependant un regain de religiosité musulmane, le renforcement des Jihadistes et des Salafistes surtout d’Irak, qui entraînent l’aggravation des distorsions sociales et la paupérisation de la société. Parallèlement à cette réislamisation, on note aussi une rechristianisation, les chrétiens de Syrie connaissant une forte érosion en raison du faible taux de natalité et d’une forte immigration.

La communauté est en situation privilégiée, alliée objective d’un pouvoir minoritaire. En stipulant que :  »La religion appartient à Dieu » Et la patrie à tout le monde.

Bachar Al Assad tente de donner à chacun sa place. Elément d’ouverture sur le monde, la communauté chrétienne est « passeur de culture », un tampon entre la suprématie des Sunnites face à la minorité Alaouite au pouvoir, auquel participe activement la Première Dame de Syrie, Asma la femme de Bachar, sunnite douée d’un charisme et d’une simplicité exemplaires, elle va petit à petit gagner le coeur de tous les Syriens toutes religions confondues, en menant sur le terrain un combat social pour les plus démunis.

LE REDÉCOUPAGE DU PROCHE ET MOYEN-ORIENT

En juin 2006 après l’invasion israélienne en Irak et au Liban, paraissent dans une revue militaire américaine des cartes qui attestent de la décomposition programmée du Moyen-Orient. Décomposition dont le but n’est autre que la protection de l’Etat d’Israël (Source : Armed Forces Journal – AFJ juin 2006).

En effet un lieutenant-colonel américain, R. Petri, pose en principe qu’il faut lever le tabou de la sacro-sainte frontière inamovible, et remettre en cause les accords Sykes-Picot de 1916, qui, comme on l’a vu, définissaient le partage du Levant, après le démantèlement de l’Empire Ottoman.

Pour ce brillant stratège, faisant fi des accords passés entre l’Arabie Saoudite et le Président Roosevelt en 1945, il s’agit de créer « un Etat sacré islamique »qui échappe au contrôle de la famille royale régnante. Les lieux saints de l’Islam, soumis au régime le plus oppressif qui impose ses croyances wahhabites intolérantes, doivent devenir une sorte de «Super Vatican» musulman, où l’avenir de la foi serait débattu. Ce serait, en somme, l’Islam des Lumières où toutes les tendances pourraient cohabiter. Allant plus loin dans son raisonnement, il supprimait l’Etat irakien qui deviendrait un Etat chiite arabe. Et un résidu serait unifié à la Syrie essentiellement sunnite. Viendrait alors la création d’un Etat kurde pris à la Turquie, au Nord de la Syrie, au Nord de l’Irak et même à l’Iran. Cet état pro-américain engloberait les installations pétrolières de Kirkuk (production d’hydrocarbures et de gaz)… Naturellement. Cette vision d’ailleurs sera reprise à la 40e conférence de Munich en 2004 sur la politique de sécurité dans le cadre de l’Otan par M. Joschka Fisher, président du Parlement européen.

Cette volonté affichée des puissances occidentales de mettre, sans aucun respect de la liberté des peuples, aux normes euro-atlantistes, tout le Proche et Moyen-Orient, a quelque chose de scandaleux. Et pourtant, le même jour le Chancelier Schröder et Bush ont bien signé un pacte pour construire un véritable partenariat qui relie l’Europe et l’Amérique aux Etats du Proche et Moyen-Orient sans aucune concertation des pays concernés.

La mondialisation interplanétaire se caractérise par la volonté de soustraire l’autorité politique des Etats au profit d’entités supranationales dont l’objectif est de faire disparaître les frontières.
james bakerC’était déjà la vision de James Baker en 1991, qui souhaitait instaurer une communauté transatlantique de Vancouver à Vladivostok et ce n’est un secret pour personne que l’Allemagne mène une politique, au sein de l’Union Européenne, favorisant la décomposition des nations européennes au profit des régions comme le sont, chez elle, les Länder. Ce qui vient de se passer en Tunisie, en Egypte, en Libye, en Irak et même au Yémen est inédit, important et nouveau. Pour la première fois, c’est le peuple qui a décidé qu’il en avait assez d’être dirigé d’une façon brutale et corrompue. C’est bien une révolte contre l’humiliation et pour la dignité de l’homme. Mais ces mêmes principes sont aujourd’hui bafoués y compris dans la plupart de nos capitales occidentales où le pouvoir de l’argent n’a jamais été aussi arrogant. Depuis 40 ans avec le premier choc pétrolier, et toutes les crises financières qui se sont suivies avec cette mondialisation à outrance, sans aucune régulation ni des marchés ni des parités des devises, mettant un point d’arrête à l’état providence au coeur des deux nations les plus avancées d’Europe (La France et l’Allemagne).

CONCLUSION

Le pire cauchemar des Américains au Proche-Orient, c’est l’engloutissement de l’Etat d’Israël par la démographie galopante des populations musulmanes. Et tout est mis en oeuvre pour y remédier. Le morcellement annoncé est en partie dessiné en Irak, et les « Printemps » qui fleurissent un peu partout cette année par un hasard presque douteux, sont propices à une redistribution des cartes.

Les manifestations violentes en Syrie, mais encore une fois ponctuelles et limitées, se construisent bien entendu sur le terreau de la pauvreté, des disparités sociales et de la corruption. Les réformes économiques et sociales annoncées en avril 2011 n’ont pas apaisé les tensions et les quatre ans de sécheresse, la crise monétaire internationale, ont aggravé une situation, dont le pouvoir, préoccupé par les bouleversements régionaux et les intrusions étrangères, n’a pas pris la mesure.

Quant aux réformes annoncées en 2005, elles ont été conduites partiellement, parfois même tronquées ou abandonnées. Elles avaient pourtant apporté un formidable espoir à toutes les composantes de la société syrienne, qui comprend mieux que personne l’impérieuse nécessité de l’unité, sous peine de voir l’implosion tant redoutée faire voler en éclats sa fragile cohésion. D’autant que le départ de son Président, sans relève assurée, mettrait en danger toutes les minorités. C’est ce que retiennent, ces interventionnistes de tous bords qui rêvent de régler eux-mêmes le problème syrien depuis si longtemps. L’exemple de l’Irak, de l’Afghanistan et de la Libye devrait faire méditer les stratèges, les amateurs aussi, stigmatisés par Rousseau : « Méfiez-vous, disait-il, des cosmopolites qui vont chercher loin de leur pays des devoirs qu’ils dédaignent accomplir chez eux ». On en a l’exemple avec nos philosophes, et certains politiques, chez nous. Depuis le départ du Général de Gaulle et de Mai 68, toutes les valeurs morales ont été inversées. Aujourd’hui, il suffit de dresser le bilan catastrophique des agressions criminelles qui frappent nos écoles, nos jeunes élèves et nos enseignants. Sans parler des viols collectifs sur des jeunes mineurs, en plein jour dans les gares des grandes villes sous les regards passifs. Voilà le quotidien affiché sur nos écrans de télévision. Tous ceux qui vivent en Syrie savent que ce genre de fléau ne les a jamais atteints. Vouloir aujourd’hui destabiliser ce pays serait un crime contre l’humanité. Gandhi avait cent fois raison quand il déclarait : « Il y a beaucoup de causes qui méritent que l’on meure pour elles, mais il n’y en a aucune qui mérite que l’on tue pour elles ». Il est bon de rappeler que la moitié de la population syrienne a moins de vingt ans, et que cette jeunesse actuelle, entrée brutalement dans la mondialisation, nourrit comme la nôtre en Occident des interrogations sur les solutions à venir.

Le chômage s’aggrave, accentuant les disparités, bien que l’Etat ait mené une politique de privatisations courageuse mais mal maîtrisée, qui a conduit à des monopoles, captant les leviers de l’économie. L’ensemble de la population s’en plaint aujourd’hui. La tonalité libérale que l’on ressent si l’on vit en Syrie, masque encore le carcan de certains secteurs. Le Président Bachar, qui devait s’occuper en priorité de la politique intérieure, s’est, comme son père, laissé entraîner par la politique étrangère qui a fait depuis dix ans des intrusions violentes, si difficilement gérables au niveau d’un pays comme la Syrie. Complot intérieur ou extérieur, il appartient dorénavant au Président syrien, et à lui seul détenteur de la Souveraineté Nationale, de répondre aux aspirations légitimes de son peuple.

La France que j’ai choisie librement comme patrie et comme terre de civilisation ne doit jamais oublier l’Histoire qui la lie au Levant depuis 2.000 ans. Français, d’origine syrienne, fier de cette double culture, au nom même de tous ces principes (de liberté, de fraternité…) si souvent matraqués par l’Occident : je rappelle à tous les gouvernants et médias réunis : « le Levant, plus qu’une terre de prédilection est un Message au Monde entier. Vouloir le détruire, c’est se détruire soi-même ». Les chrétiens du Levant, avec tous leurs compatriotes du monde arabo-musulman, attendent des Responsables Occidentaux autre chose que ces actions spectaculaires qui ne font qu’attiser et stimuler le communautarisme au seul profit de l’hégémonie américaine. Je voudrais rappeler également à M. Jupé, que le premier consulat que la France a établi au monde, il y a quatre siècles, a été instauré dans ma ville natale Alep (capitale du nord de la Syrie) sous l’Empire Ottoman. Que la Syrie était devenue un protectorat et une terre de mission où de nombreux français ont effectué leur service militaire durant la Seconde Guerre mondiale, heureux de découvrir l’hospitalité de tous ces braves et pacifistes Syriens. Le Général De Gaulle lui, connaissait l’Histoire, c’est la raison pour laquelle il était tant aimé et apprécié de tous les Levantins. L’action démesurée de la Diplomatie française dans cette région du monde, berceau des trois religions, ne peut que ternir l’image de cette France que j’ai connue et admirée du temps du Général.

Avec ma femme française, biologiste, qui a créé une école d’infirmières à Alep (Capitale du Nord de la Syrie) en étroite collaboration avec celle de Rodez (Aveyron – France), nous avons rédigé ensemble cette lettre, pour témoigner du désarroi de toute la population syrienne avec laquelle nous vivons depuis trois ans et tout particulièrement ces derniers mois où les événements ont pris une tournure dramatique mettant gravement en danger des hommes, des femmes et des enfants qui vivaient paisiblement depuis leur indépendance.

Après un certain 14 juillet 2008 où la France avait accueilli le Président Bachar Assad, la Syrie a ouvert grand les bras et les portes aux entreprises françaises afin de les encourager en renforçant les liens économiques et culturels entre les deux pays. Le Président syrien a tenu ses engagements, la France vient de lui claquer la porte !

 

SOURCE. Jean-Claude Antakli, ex-correspondant de l’Est Républicain ; auteur d’«Itinéraire d’un chrétien d’Orient, Il était une fois… la Syrie» troisième édition parue en 2010 (François De Guibert) et chez le même éditeur parution prochaine du «Silence de Dieu».

Bibliographies et sources :
— La marche irrésistible du nouvel ordre mondial de Pierre Hillard (l’oeil 2007).
— L’itinéraire d’un chrétien d’Orient, il était une fois la Syrie de J.-C. Antakli (2010).
— Le Nouvel Observateur (2011).
— L’Exception Syrienne de Caroline Donati (2010) Le Rocher.


Depuis le milieu des années 1990, une vaste guerre au Moyen-Orient et en Asie centrale est sur la planche à dessin du Pentagone.

 

Dans le cadre de ce scénario de guerre élargie, l’all

iance États-Unis-OTAN envisage de mener une campagne militaire contre la Syrie en vertu d’un « mandat humanitaire » sous l’égide de l’ONU.

 

L’escalade fait partie intégrante du programme militaire. La déstabilisation des États souverains par le « changement de régime » est en étroite coordination avec la planification militaire.

 

Il existe une feuille de route militaire caractérisée par une série de théâtres de guerre des États-Unis et de l’OTAN.

 

Les préparatifs de guerre visant à attaquer la Syrie et l’Iran sont dans un « niveau de disponibilité opérationnelle avancé » depuis plusieurs années. Le Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act of 2003 (Acte de restauration de la souveraineté libanaise et de la responsabilisation de la Syrie de 2003) classe la Syrie parmi les « États voyous », soit un pays soutenant le terrorisme.

 

Pour le Pentagone, la Syrie fait partie d’une guerre plus vaste visant l’Iran. Le président George W. Bush a confirmé dans ses mémoires qu’il avait « ordonné au Pentagone de planifier une attaque contre les installations nucléaires de l’Iran et [avait] envisagé d’attaquer clandestinement la Syrie ». (George Bush's memoirs reveal how he considered attacks on Iran and Syria, The Guardian, 8 novembre 2010)

 

Ce vaste programme militaire est intimement lié aux réserves stratégiques de pétrole et aux routes de pipelines. Il est appuyé par les géants pétroliers anglo-étasuniens.

 

Le bombardement du Liban en juillet 2006 relevait d’une « feuille de route militaire » soigneusement planifiée. L’extension de la « guerre de juillet » contre le Liban et la Syrie avait été envisagée par les planificateurs militaires des États-Unis et d’Israël. Elle a été abandonnée dès que les forces terrestres israéliennes furent vaincues par le Hezbollah.

 

La guerre d’Israël contre le Liban en juillet 2006 visait également à établir un contrôle israélien sur le littoral du nord-est de la Méditerranée, incluant les réserves pétrolières et gazières marines dans les eaux territoriales libanaises et palestiniennes.

 

Les plans d’invasion du Liban et de la Syrie sont demeurés sur la planche à dessin du Pentagone malgré le retrait d’Israël lors de la guerre de juillet 2006 : « En novembre 2008, à peine un mois avant que Tel-Aviv ne commence son massacre dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a exécuté une série d’exercices nommée Shiluv Zro’ot III (Croisement de fer III) simulant une guerre sur deux fronts contre le Liban et la Syrie. L’exercice militaire comprenait la simulation d’une invasion massive à la fois de la Syrie et du Liban (Voir Mahdi Darius Nazemoraya, La prochaine guerre d’Israël : après la bande de Gaza, le Liban?, Mondialisation.ca, 10 février 2009)

La route vers Téhéran passe par Damas
. La première étape d’une guerre contre l’Iran sous les auspices des États-Unis et de l’OTAN impliquerait une campagne de déstabilisation (« changement de régime ») comportant des opérations clandestines des services de renseignement en faveur des forces rebelles contre le gouvernement Syrien.

 

Une « guerre humanitaire » sous le logo de la « responsabilité de protéger » (R2P) contre la Syrie contribuerait également à la déstabilisation continue du Liban.

 

Si une campagne militaire devait être menée contre la Syrie, Israël serait directement ou indirectement impliqué dans les opérations militaires et dans celles du renseignement.

 

Une guerre contre la Syrie engendrerait à une escalade militaire.

 

Il existe actuellement quatre théâtres de guerre distincts : l’Afghanistan et le Pakistan, l’Irak, la Palestine et la Libye.

 

Une attaque contre la Syrie mènerait à l’intégration de ces différents théâtres de guerre, ce qui conduirait finalement à une guerre élargie au Moyen-Orient et en Asie centrale, engloutissant une région entière, de l’Afrique du Nord à l’Afghanistan et au Pakistan en passant par la Méditerranée.

 

Le mouvement de contestation vise à justifier une intervention militaire contre la Syrie. L’on nie l’existence d’une insurrection armée. Les médias occidentaux ont décrit en bloc les récents événements en Syrie comme un « mouvement de contestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar Al-Assad, alors que les preuves confirment l’existence d’une insurrection armée intégrée par des groupes paramilitaires islamistes.

 

Dès le début du mouvement de contestation à Daraa à la mi-mars, des coups de feu ont été échangés entre la police et les forces armées d’un côté et des hommes armés de l’autre. Des actes pyromanes ont également été commis contre des édifices gouvernementaux. À la fin juillet à Hama, des édifices publics ont été incendiés, dont le palais de justice et la banque de crédit agricole. Les distributeurs de nouvelles israéliens, tout en négligeant l’existence d’un conflit armé, ont néanmoins reconnu que les « contestataires [étaient] armés de mitrailleuses lourdes ». (DEBKAfileReportage sur Hama, 1er août 2001.)

 

« Toutes les options sont sur la table »

 

En juin, le sénateur étasunien Lindsey Graham (qui siège au Comité sénatorial pour les forces armées) a indiqué qu’une intervention « humanitaire » contre la Syrie était possible, laquelle aurait pour but de « sauver la vie des civils ». Graham a suggéré que l’« option » appliquée à la Libye en vertu de la résolution 1973 du Conseil de sécurité devrait être envisagée dans le cas de la Syrie :

 

S’il était logique de protéger les Libyens contre Kadhafi, et ce l’était car ils auraient été massacrés si nous n’avions pas envoyé l’OTAN lorsqu’il était à la périphérie de Benghazi, le monde doit se demander si nous en sommes rendus là en Syrie […]

 

Nous n’en sommes peut-être pas encore là, mais l’on s’en approche, donc si cela vous importe vraiment de protéger les Syriens d’un carnage, il est temps de laisser savoir à Assad que toutes les options sont sur la table. (CBS « Face The Nation », 12 juin 2011)

 


À la suite de l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la Syrie, (3 août 2011) la Maison-Blanche a, appelé à un « changement de régime » en Syrie et au renversement de Bachar Al-Assad en termes on ne peut plus clairs :

 

« Par égard pour la stabilité, nous ne voulons pas qu’il demeure en Syrie. Nous le voyons plutôt comme la cause de l’instabilité en Syrie », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney mercredi.

 

« Nous pensons honnêtement pouvoir affirmer avec certitude que la Syrie serait un meilleur endroit sans le président Assad. » (Cité dans Syria: US Call Closer to Calling for Regime Change, IPS, 4 août 2011)

 

Des sanctions économiques étendues précèdent fréquemment une intervention militaire directe.

 

Un projet de loi présenté par le sénateur Lieberman a été introduit au Sénat étasunien dans le but d’autoriser des sanctions économiques radicales contre la Syrie. De plus, dans une lettre adressée au président Obama au début août, un groupe de plus de 60 sénateurs étasuniens ont appelé à l’« implantation de sanctions additionnelles […] tout en faisant comprendre au régime syrien qu’il paiera davantage pour sa répression atroce ».

 

Ces sanctions nécessiteraient le blocage des transactions bancaires et financières, ainsi que la « fin des achats du pétrole syrien et l’interruption des investissements dans les secteurs pétroliers et gaziers de la Syrie ». (Voir Pressure on Obama to get tougher on Syria coming from all sides - Foreign Policy,  3 août 2011). 

Entre-temps, le département d’État étasunien a aussi rencontré l’opposition syrienne en exil. Un appui clandestin a également été acheminé aux groupes rebelles armés.

 

Dangereuse croisée des chemins : La guerre contre la Syrie est une tête de pont pour une attaque contre l’Iran

 

À la suite de la déclaration du président du Conseil de sécurité de l’ONU le 3 août contre la Syrie, l’ambassadeur de Russie à l’OTAN, Dimitri Rogozine, a mis en garde contre les dangers d’une escalade militaire :

 

« L’OTAN planifie une campagne militaire contre la Syrie afin d’aider à renverser le régime du président Al-Assad et ayant pour objectif à plus long terme de préparer une tête de pont pour une attaque contre l’Iran […]

 

[Cette déclaration] signifie que la planification [de la campagne militaire] est déjà en cours. Il pourrait s’agir d’une conclusion logique de ces opérations militaires et de propagande effectuées par certains pays occidentaux contre l’Afrique du Nord », a affirmé Rogozine dans une entrevue avec le journal Izvestia [...] Le diplomate russe a fait remarquer que l’alliance vise seulement à interférer avec les régimes « dont les points de vue ne coïncident pas avec ceux de l’Occident. »

 

Rogozine était d’accord avec l’opinion exprimée par certains experts voulant que la Syrie et ensuite le Yémen puissent constituer les dernières étapes de l’OTAN menant au lancement d’une attaque contre l’Iran.

 

« L’étau se resserre autour de l’Iran. La planification militaire contre l’Iran est en cours et nous sommes certes préoccupés par l’escalade d’une guerre à grande échelle dans cette énorme région », a précisé Rogozine.

 

Ayant appris la leçon de la Libye, la Russie « continuera à s’opposer à une résolution violente de la situation en Syrie » a-t-il commenté en ajoutant que les conséquences d’un conflit à grande échelle en Afrique du Nord serait dévastateur pour le monde entier. (Beachhead for an Attack on Iran": NATO is planning a Military Campaign against Syria, RIA Novosti, 5 août 2011)

 


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Dimitri Rogozine, août 2011

 

Modèle militaire pour une attaque contre la Syrie

 

L’avertissement de Dimitri Rogozine était basé sur des informations concrètes, documentées et connues dans les cercles militaires, et selon lesquelles l’OTAN planifie actuellement une campagne militaire contre la Syrie. À cet égard, le scénario d’une attaque contre la Syrie est sur la planche à dessin et des experts français, britanniques et israéliens participent à son élaboration. Selon l’ancien chef d'état-major de l'Armée de l'air française, le général Jean Rannou, « une frappe de l’OTAN afin de déstabiliser l’armée syrienne est techniquement faisable » :

 

Les pays membres de l’OTAN commenceraient par utiliser la technologie satellite pour repérer les défenses aériennes syriennes. Quelques jours plus tard, des avions de guerre, plus nombreux qu’en Libye, décolleraient de la base britannique de Chypre et détruiraient les jets et les missiles sol-air (MSA) syriens durant 48 heures. Les aéronefs de l’Alliance commenceraient ensuite à bombarder indéfiniment les troupes terrestres et les chars d’assaut syriens.

 

Le scénario se base sur des analystes de l’armée française et proviennent de la publication britannique spécialisée Jane's Defence Weekly et de la station de télévision israélienne Channel 10.

 

La force aérienne syrienne présenterait peu de risque. Elle possède environ 60 MiG-29 fabriqués en Russie, mais le reste – environ 160 MiG-21, 80 MiG-23, 60 MiG-23BN, 50 Su-22 et 20 Su-24MK – est obsolète.

 

« […] Je ne vois pas de problème purement militaire. La Syrie ne peut se défendre contre les systèmes occidentaux […] [Toutefois], ce serait plus risqué qu’en Libye. Il s’agirait d’une importante opération militaire », a admis Jean Rannou, ancien chef de la force aérienne française, à EUobserver. Il a ajouté qu’une action est très peu probable puisque la Russie opposerait son veto à un mandat de l’ONU, les actifs de l’OTAN sont déployés en Afghanistan et en Libye et les pays de l’OTAN sont en crise financière. » (Andrew Rettman, Blueprint For NATO Attack On Syria Revealed, Global Research, 11 août 2011)  

 

La vaste feuille de route militaire

 

Alors que la Libye, la Syrie et l’Iran sont sur la feuille de route militaire, ce déploiement stratégique, s’il devait être mis en œuvre, menacerait aussi la Chine et la Russie. Les deux pays ont des accords d’investissement et de coopération militaire et commerciale avec la Syrie et l’Iran. Ce dernier détient par ailleurs un statut d’observateur au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS)

 

L’escalade fait partie du programme militaire. Depuis 2005, les États-Unis et leurs alliés, incluant leurs partenaires de l’OTAN et Israël, ont été impliqués dans le déploiement et le stockage exhaustif de systèmes d’armes perfectionnées. Les systèmes de défense antiaérienne des États-Unis, des pays membres de l’OTAN et d’Israël sont complètement intégrés.

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Le rôle d’Israël et de la Turquie

 

Ankara et Tel-Aviv sont tous deux impliqués dans l’appui à une insurrection armée. Ces opérations sont coordonnées par les deux gouvernements et leurs agences de renseignement.

 

Selon des reportages, le Mossad israélien a fourni un soutien clandestin à des groupes terroristes salafistes radicaux qui sont entrés en action au sud de la Syrie au début du mouvement de contestation à Daraa à la mi-mars. Des reportages suggèrent que le financement de l’insurrection salafiste provient de l’Arabie Saoudite. (Voir Syrian army closes in on Damascus suburbs, The Irish Times, 10 mai 2011.) 

Le gouvernement turc du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan appuie les groupes d’opposition en exil tout en soutenant les rebelles armés des Frères musulmans au nord de la Syrie.

 

Les Frères musulmans (FM) (dont le leadership est en exil au Royaume-Uni) ainsi que Hizb ut-Tahrir (le Parti de la libération) sont derrière l’insurrection. Les deux organisations sont appuyées par le MI6 britannique. Le but avoué des FM et de Hizb ut-Tahrir consiste en bout de ligne à déstabiliser l’État laïque syrien. (Voir Michel Chossudovsky, SYRIA: Who is Behind The Protest Movement? Fabricating a Pretext for a US-NATO "Humanitarian Intervention", Global Research, 3 mai 2011.)

 

En juin, des troupes turques ont traversé la frontière nord de la Syrie, officiellement pour aller sauver des réfugiés syriens. Le gouvernement de Bachar Al-Assad a accusé la Turquie d’appuyer directement l’incursion de forces rebelles dans le nord de son pays :

 

Une force rebelle comptant jusqu'à 500 combattants a attaqué une position de l’Armée syrienne le 4 juin au nord de la Syrie. Les combattants ont dit que la cible, une garnison du renseignement militaire à Jisr al-Choughour près de la frontière avec la Turquie, a été capturée pendant un assaut de 36 heures lors duquel 72 soldats ont été tués.

 

« Nous avons découvert que les criminels [combattants rebelles] utilisaient des armes turques et cela est très inquiétant » a fait savoir un officiel.

 

Il s’agissait de la première fois que le régime Assad accusait la Turquie d’aider la révolte […] Les officiels ont rapporté que les rebelles ont mené l’armée syrienne hors de Jisr al-Choughour et ont ensuite pris le contrôle de la ville. Ils ont indiqué que des édifices gouvernementaux ont été pillés et incendiés avant que n’arrive une autre force d’Assad […]

 

Un officier syrien effectuant la visite guidée a affirmé que les rebelles à Jisr al-Choughour se composaient de combattants alignés à Al-Qaïda. Il a ajouté que ces derniers employaient une variété d’armes et de munitions turques, mais n’a pas accusé le gouvernement d’Ankara de fournir l’équipement. » (Syria’s Assad accuses Turkey of arming rebels, TR Defence, 25 juin 2011)

 

Nié par les médias occidentaux, l’appui étranger aux insurgés islamistes ayant « infiltré le mouvement de protestation » est néanmoins confirmé par des sources de renseignement  occidentales. Selon l’ancien officier du MI6 Alistair Crooke (ainsi que des conseillers de haut rang de l’UE) : « Il existe deux forces importantes derrière les événements [en Syrie], soit des radicaux sunnites et des groupes d’exilés syrien en France et aux États-Unis. Il a expliqué que les radicaux suivent les enseignements d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, un islamiste jordanien aujourd’hui décédé qui visait à créer un émirat sunnite appelé Bilad el-Cham en Jordanie, au Liban, en Palestine et en Syrie. Ce sont des guérilléros urbains expérimentés qui se sont battus en Irak et obtiennent du financement de l’extérieur. Ils infiltrent les manifestations pour attaquer les forces d’Assad, comme à Jisr al-Choughour en juin, où ils ont infligé de lourdes pertes. » (Andrew Rettman, Blueprint For NATO Attack On Syria Revealed, Global Research, 11 août 2011. C’est l’auteur qui souligne.) 

L’ancien officiel du MI6 a par ailleurs confirmé qu’Israël et les États-Unis soutiennent et financent les terroristes : « Crooke a déclaré que les groupes d’exilés cherchent à renverser le régime anti-israélien [Syrien]. Ils sont financés et entraînés par les États-Unis et ont des liens avec Israël. Ils paient les chefs tribaux sunnites pour qu’ils envoient des gens dans les rues, ils travaillent avec les ONG pour alimenter les médias occidentaux d’histoires non corroborées à propos d’atrocités et coopèrent avec des radicaux en espérant que la violence accrue justifie une intervention de l’OTAN. » (Ibid. C’est l’auteur qui souligne.)  

 

Des factions politiques au Liban sont également impliquées. Le renseignement libanais a confirmé la livraison clandestine de fusils d’assaut et d’armes automatiques aux combattants salafistes. La livraison a été effectuée par des politiciens libanais appuyés par l’Arabie Saoudite. 

 

L’accord de coopération militaire entre la Turquie et Israël

 

Israël et la Turquie ont un accord de coopération militaire qui concerne de manière très directe et la Syrie, et le littoral stratégique libano-syrien de l’est de la Méditerranée (comprenant les réserves gazières au large de la côte libanaise et les corridors de pipelines).

 

Déjà, à l’époque de l’administration Clinton, une alliance triangulaire entre les États-Unis, Israël et la Turquie s’était développée. Cette « triple alliance », dominée par l’Instance collégiale des chefs d'état-major, intègre et coordonne les décisions du commandement militaire entre les trois pays en ce qui a trait au grand Moyen-Orient. Il est basé sur les liens militaires étroits respectifs entre Israël, la Turquie et les États-Unis, et combiné à une forte relation militaire bilatérale entre Tel-Aviv et Ankara […]

 

La triple alliance est par ailleurs agencée à un accord de coopération militaire entre l’OTAN et Israël datant de 2005, lequel comporte « de nombreux champs d’intérêts communs, tels que la lutte au terrorisme et les exercices interarmées ». Israël voit ces liens de coopération militaire avec l’OTAN comme un moyen d’améliorer la capacité de dissuasion envers la menace d’ennemis potentiels, principalement l’Iran et la Syrie. (Voir Michel Chossudovsky,"Triple Alliance": The US, Turkey, Israel and the War on Lebanon, 6 août 2006)

 

Entre-temps, le récent remaniement des bonzes de la Turquie a renforcé la faction pro-islamiste au sein des forces armées. À la fin juillet, le commandant en chef de l’armée et chef de l’Instance collégiale des chefs d'état-major, le général Isik Kosaner, a démissioné, tout comme les commandants de la Marine et de la Force aérienne.

 

Le général Kosaner représente une position largement laïque au sein des forces armées. Le général Necdet Ozel a été nommé pour le remplacer en tant que commandant et nouveau chef de l’armée.

 

Ces développements sont d’une importance cruciale. Ils s’orientent vers un appui aux intérêts étasuniens. Ils indiquent par ailleurs un virage potentiel de l’armée en faveur des Frères musulmans, y compris une insurrection au nord de la Syrie.

 

« De nouvelles nominations ont renforcé Erdoğan et le parti au pouvoir en Turquie […] Le pouvoir militaire est apte à mettre en œuvre des projets plus ambitieux dans la région. L’on prévoit que si le scénario libyen est employé en Syrie, il est possible que la Turquie demande une intervention militaire. » (New appointments have strengthened Erdogan and the ruling party in Turkey : Public Radio of Armenia, 06 août 2011, C’est l’auteur qui souligne.)

 


MB Rebels at Jisr al Choughour

Des rebelles appartenant aux Frères musulmans à Jisr al-Choughour. Photos AFP 16 juin 2011

 

[Note: Cette photo est trompeuse à bien des égards. La plupart des rebelles armés sont très bien entraînés avec des armes modernes.]

 

L’Alliance militaire élargie de l’OTAN

 

L’Égypte, les États du Golfe et l’Arabie Saoudite (au sein de l’alliance militaire élargie) sont des partenaires de l’OTAN, dont les forces pourraient être déployées dans le cadre d’une campagne contre la Syrie.

 

Israël est un membre de facto de l’OTAN, depuis qu’un accord a été signé en 2005.

 

Le processus de planification militaire dans l’alliance élargie de l’OTAN implique la coordination entre le Pentagone, l’OTAN, les Forces de défense israéliennes (FDI), ainsi que la participation militaire active des États arabes de première ligne, dont l’Arabie Saoudite, les États du Golfe et l’Égypte : en tout 10 pays arabes en plus d’Israël sont membres du Dialogue méditerranéen et de l'Initiative de Coopération d'Istanbul.

 

Nous sommes à un carrefour dangereux. Les répercussions géopolitiques sont profondes.

 

La Syrie a des frontières avec la Jordanie, Israël, le Liban, la Turquie et l’Irak. Elle s’étend à travers la vallée de l’Euphrate et se situe au carrefour d’importantes voies maritimes et de corridors de pipelines.

 


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Ce pays est un allié de l’Iran et la Russie possède une base navale au nord du territoire syrien. (Voir la carte)

 

La création d’une base à Tartous ainsi que la progression rapide de la coopération avec Damas relativement à la technologie militaire fait de la Syrie la tête de pont et le pavois utiles de la Russie au Moyen-Orient.

 

Damas est un allié important de l’Iran et un ennemi irréconciliable d’Israël. Il va sans dire que l’apparition de la base militaire russe dans la région apportera certainement des correctifs à la corrélation des forces existantes.

 

La Russie prend le régime syrien sous sa protection. Il est presque certain que cela envenimera les relations entre Moscou et Israël. Cela pourrait même rassurer le régime iranien avoisinant et le rendre encore moins docile dans les pourparlers portant sur le programme nucléaire. (Ivan Safronov, Russia to defend its principal Middle East ally: Moscow takes Syria under its protection, Global Research 28 juillet 2006)

 

 

Scénario de Troisième Guerre mondiale

 

Pendant les cinq dernières années, la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale a vivement été sur le pied de guerre.

 

La Syrie a des possibilités de défense antiaérienne significatives ainsi que des troupes terrestres.

 

Elle a érigé son système de défense antiaérien grâce à la livraison de missiles antiaériens russes Pantsir S1. En 2010, la Russie a livré un système de missile Yakhont à la Syrie. Le Yakhont en opération à l’extérieur de la base navale russe de Tartous « est conçu pour l’engagement de navires ennemis dans un rayon de 300 km. (Bastion missile systems to protect Russian naval base in Syria, Ria Novosti,  21 septembre 2010). 

 

La structure respective des alliances militaires États-Unis-OTAN et Syrie-Iran-OCS, sans compter la participation militaire d’Israël, la relation complexe entre la Syrie et le Liban, ainsi que les pressions exercées par la Turquie à la frontière nord de la Syrie indiquent de manière ineffaçable un dangereux processus d’escalade.

 

Toute forme d’intervention militaire contre la Syrie sous l’égide des États-Unis et de l’OTAN déstabiliserait la région entière, ce qui pourrait mener à une escalade englobant une vaste région allant de l’est de la Méditerranée à la frontière commune de l’Afghanistan et du Pakistan avec le Tadjikistan et la Chine.

 

À cour terme, en tenant compte de la guerre en Libye, l’alliance militaire des États-Unis et de l’OTAN dépasse ses capacités. Bien que nous n’anticipions pas d’opération militaire des États-Unis et de l’OTAN à brève échéance, selon toute probabilité, le processus de déstabilisation politique par le biais d’un appui clandestin à l’insurrection rebelle se poursuivra.

 

Cet article a été mis à jour le 11 août 2011. 

Article original en anglais publié le 9 août 2011 : A "Humanitarian War" on Syria? Military Escalation. Towards a Broader Middle East-Central Asian War?

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 


 

 

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